Par Amélie pour la team
Au mois de mars, nous avons vécu une succession de weekends prolongés et bien remplis, au gré des visites et des jours fériés. Les grands-parents paternels sont venus nous voir pendant les quinze premiers jours. Nous en avons profité pour faire deux excursions « ressourcement optimal – ambiance catalogue de voyage ». La première nous a amenés sur « l’île des robinsons », un minuscule îlot au milieu de la lagune de Grand Lahou, à 4h à l’Est d’Abidjan. Kayak dans la mangrove, visite du village de pêcheurs sur sa langue de sable, noix de coco fraîches, un décor digne du roman de Defoé en effet, les transats et le babyfoot en plus.






La seconde nous a fait prendre la direction de l’Ouest, non loin de la frontière ghanéenne, à Assouindé, village de pêcheurs – et d’expats en goguette. Cette partie du littoral est un site balnéaire très prisé par les ivoiriens fortunés et la communauté expatriée, particulièrement à Assinie, sorte de St Tropez local, à une demi-heure de là où nous logions. C’est d’ailleurs sur ces plages qu’a été tourné le film Les Bronzés à la fin des années 70, dans le Club Med qui a fermé ses portes pendant la crise politique du début des années 2000. Le contraste entre les habitations traditionnelles de pêcheurs, très rudimentaires, et les hôtels de luxe qui succèdent aux villas de ministres est assez saisissant et rend la fracture sociale très palpable. On s’est redit à cette occasion qu’on était heureux d’avoir choisi le volontariat pour vivre dans le pays.




Entre les baignades, nous avons immerger les grands-parents dans le quotidien de notre mission avant de leur faire nos adieux de 4 mois puisque nous avons désormais fixé la date de notre retour pour début août. Pour les enfants, surtout les plus jeunes, le moment de séparation est toujours un peu délicat mais l’assurance de pouvoir avoir des conversations en visio et le stock de fromage de chèvre laissé par les grands-parents permettra à tout le monde de passer le cap.

Il nous reste donc un quart de temps en Côte d’Ivoire mais à vrai dire beaucoup moins de mission en tant que telle car l’année scolaire se termine fin mai ici. A la fin du premier trimestre, on avait sérieusement envisagé de rester une seconde année dans la mission, en imaginant d’éventuels aménagements, pour aller plus loin dans les changements demandés par notre partenaire, notamment concernant le laboratoire de sciences qui aurait pu être vraiment finalisé avec une seconde année. Cependant, pour plusieurs raisons, nous avions décidé de revenir à la fin de cette année, comme prévu initialement. C’était deux jours avant de recevoir le message de la DCC qui demandait aux volontaires de ne pas prolonger leur mission. Comme toutes les structures de solidarité internationale, la DCC fait face à la baisse drastique de l’aide au développement décidé par le gouvernement l’année dernière, dans le sillage de la suppression de l’US Aid, et qui met en péril ses actions dans le monde. Quand la coopération entre les pays dans le cadre d’une solidarité globale, humaine et ajustée aux besoins s’incline devant le financement des ogives nucléaires…
La troisième semaine, nous avons eu la visite de nos chargés de mission, Amélie et Christophe. Ce sont d’anciens volontaires, maintenant bénévoles, qui forment l’interface entre le partenaire, les salariés de la DCC et les volontaires. Ils ont été nos interlocuteurs privilégiés depuis le début, en plus du salarié de la zone Afrique de l’Ouest et ils ont représenté un soutien sans faille à toutes les étapes du processus, avant et pendant la mission. Chaque année, ils viennent dans le pays de mission qui leur a été confié pour voir comment cela se passe in situ, faire le point avec les volontaires et les partenaires, prospecter pour d’autres partenariats possibles, etc. Cette année, dans le cadre des problématiques financières, ils avaient aussi la lourde tâche de classer les missions par ordre de priorité en fonction de nombreux critères. Nous avons pu faire une relecture et un bilan intermédiaire avec eux, rendre compte des réussites et des difficultés, des joies et des limites de nos missions. Nous avons profité d’un jour férié musulman pour partir en weekend DCC au complet avec les autres volontaires présents dans le pays : Anne-Cécile, professeure d’informatique dans notre établissement et Séverine, conseillère pédagogique dans une école de Bouaké, seconde ville du pays, au centre, ainsi qu’avec le couple référent DCC sur place, Pauline et Aurélien. Nous avons logé dans la plantation de bananes douces pour laquelle ce dernier travaille et avons vécu un très bon weekend de visites, discussions, jeux de société et chasse aux moustiques.





Enfin, le mois s’est achevé sur la rencontre annuelle des volontaires de Côte d’Ivoire organisée par France volontaire. Il s’agit de la structure mandatée par l’Etat français pour accompagner les missions de volontariat et de service civique dans le pays. Depuis notre arrivée, nous avons participé à quelques événements avec eux et ils ont toujours été très à l’écoute pour répondre à nos préoccupations. Nous avons passé trois jours à Grand Bassam, ancienne capitale coloniale aux portes d’Abidjan. Nous avons pu rencontrer la responsable de la culture à l’ambassade, dont nous dépendons, visiter la vieille ville, échanger entre volontaire, faire des jeux et visiter un lieu de mission en agroécologie autour de la mouche soldat noire, dont les larves sont utilisées comme fertilisant naturel.






Entre deux valises, nous avons essayé de tenir le rythme de travail en semaine mais force est de constater qu’il est assez facile de plonger dans des weekends de trois jours mais plus difficile d’en sortir, d’autant qu’avril s’est aussi ouvert sur des pérégrinations, mais c’est une autre histoire…